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La Cour Suprême des Etats-Unis a rejeté
le dernier appel de Mumia Abu-Jamal

(Philadelphie 17 mai 2004) La Cour Suprême des Etats-Unis a rejeté la demande d’étudier le dernier appel du condamné à mort Mumia Abu-Jamal, inculpé en 1981 du meurtre de l’agent de police de Philadelphie Daniel Faulkner.

L’appel soutenait que le juge avait eu un comportement raciste et qu’un autre juge de la Cour Suprême de l’État de Pennsylvanie n’aurait pas dû être juge et partie dans cette affaire, parce qu’il était ancien procureur.

Abu-Jamal a encore des appels en cours devant différents tribunaux locaux et fédéraux, issus de son inculpation en 1982 et de sa condamnation à mort pour le meurtre de l’agent de police de Philadelphie Daniel Faulkner.

Le dernier appel prétendait que quelqu’un avait entendu le juge Sabo dire qu’il allait les aider à faire griller Abu-Jamal, à qui il avait fait allusion en des termes racistes. Une greffière du tribunal a signé une déclaration sous serment, stipulant qu’elle avait entendu dire Sabo, décédé depuis 2 ans, faire une déclaration à une employée du tribunal.

L’appel stipule aussi que le juge de la Cour Suprême d’État, Ronald Castille, ne s’est pas comporté décemment quand il a refusé de se retirer du panel de juge statuant sur l’affaire d’Abu-Jamal.Castille a combattu pour confirmer la condamnation à mort d’Abu-Jamal alors qu’il exerçait en tant que Procureur de la République à Philadelphie, de 1986 à 1991.

Son assistant, Hugh Burns, a dit que cet appel, comme tous les autres déposés par la défense, n’avait aucun bien fondé. Il a ajouté qu’il n’aurait aucun impact majeur dans cette affaire déjà complexe.

Robert Bryan, l’avocat principal d’Abu-Jamal, a déclaré que la Haute Cour ne révise qu’un nombre infime d’affaire déposées en recours et que le refus de la Cour de prendre en considération l’appel d’Abu-Jamal ne reflète en rien sa valeur.

Abu-Jamal, 50 ans, ancien reporter radio et ancien membre du Parti des Panthères Noires, avait été inculpé du meurtre de Faulkner, 25 ans à l’époque, après que le flic blanc ait arrêté le frère d’Abu-Jamal. Alors chauffeur de taxi, il était dans son véhicule quand il a aperçut l’agent de police mettre les menottes à son frère et s’est précipité sur les lieux en tirant sur Faulkner à bout portant et le touchant d’une balle en pleine tête. La police arrivée sur les lieux a découvert le corps de l’agent mortellement blessé et reposant à même le sol, et Abu-Jamal, blessé d’une balle provenant de l’arme de Faulkner et gisant, effondré sur le trottoir, sa propre arme à quelques mètres.

Les écrits d’Abu-Jamal et ses discours enregistrés sur le système judiciaire ont fait de lui une cause célèbre parmi les militants hollywoodiens, les hommes politiques étrangers et les abolitionnistes qui pensent qu’il est une victime du système judiciaire raciste.

En décembre 2001, le juge de la Cour de District, William Yohn, avait renversé le verdict de peine de mort et suspendu la condamnation d’Abu-Jamal. Le Ministère Public et la Défense avait fait appel mais Abu-Jamal était resté dans le couloir de la mort d’une prison dans l’ouest de la Pennsylvanie.

Un article de Joann Loviglio - The Associated Press
traduit par Marina Rajewski