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Le point sur la situation juridique
de Mumia Abu-Jamal -juin 2003-
Le 18 décembre 2001, le juge fédéral Yohn a rendu sa décision : Mumia ne bénéficiera pas d’un nouveau procès.
Par cette ordonnance, la Cour fédérale le considère, en effet, toujours coupable du meurtre
du policier Faulkner, mais reconsidère la peine qui lui a été infligée. Elle suspend donc de
façon temporaire et conditionnelle sa condamnation à mort. Cette décision intervient en
réponse à un recours déposé par la défense devant la Cour Fédérale de 3ème Circuit,
demandant la reconnaissance de la violation de 29 des droits constitutionnels de Mumia.
Retenons que :
2ème appel en cours : la défense a fait appel devant la Cour Suprême de Pennsylvanie pour faire reconnaître que la sélection du jury s’est faite sur la base de critères racistes. Deux cas de jurisprudence appuient ce recours, dont le plus connu est celui de Thomas Joe Miller-El. Le 25 février 2003, la Cour Fédérale de 5ème Circuit du Texas a, en effet, reconnu que les jurés ayant déclaré Thomas coupable de meurtre avec préméditation avaient été sélectionnés selon des critères racistes. Le jury de l’affaire ne comprenait qu’un seul africain-américain et le procureur s’était assuré au préalable qu’il était favorable à la peine de mort. Il faut savoir qu’à la période où Thomas a été arrêté, les procureurs de Dallas étaient à l’origine de manœuvres visant à exclure les jurés issus de minorités ethniques (africains-américains et Latinos en particulier) parce qu’ils étaient moins susceptibles d’incriminer l’accusé. Une étude montre même qu’entre 1980 et 1986, sur 15 affaires dans lesquelles l’Etat voulait requérir la peine de mort, 90% des jurés africains-américains présélectionnés avaient été évincés par les procureurs texans ! C’est sur cette base que l’équipe de défense de Thomas Joe Miller-El a demandé à la Cour de reconnaître la violation du 6ème amendement de la Constitution, qui assure à chaque accusé le droit à un jury de ses pairs. A l’issue de cet appel, les juges de la Cour Suprême des Etats-Unis ont acté (8 contre 1) une jurisprudence selon laquelle chaque condamné à mort détenu au Texas doit être autorisé à présenter à la Cour les preuves de discrimination raciales systématiques durant la sélection du jury. S’agissant de Mumia, rappelons qu’il a été déclaré coupable de meurtre avec préméditation par un jury composé de 12 membres, dont un seul était africain-américain. Rappelons également que le procédé d’éviction des jurés de communautés minoritaires a été officiellement enseigné au sein du Ministère Public de Pennsylvanie, et ce dans la période d’arrestation de Mumia. La jurisprudence texane va donc permettre à la défense de Mumia de demander que soit reconnue la sélection du jury sur la base de critères racistes, ce qui nous amène à une troisième issue judiciaire possible : l’ouverture d’un nouveau procès. A condition que la défense gagne son appel sur la sélection du jury et que l’Etat perde le sien sur la requalification de la peine. Dès lors, la défense pourra enfin produire les nombreuses preuves et les témoignages disculpant Mumia devant un nouveau jury qui devra décider de sa culpabilité ou de son innocence. Notre conclusion : si la bataille judiciaire est importante (l’arrivée de Robert Bryan dans l’équipe de défense montre l’intérêt qu’y porte Mumia), la voie est cependant étroite et son issue plus qu’incertaine. D’autant que le contexte international est à l’origine d’un climat d’hystérie sécuritaire et de pressions politiques sur le judiciaire qui peuvent faire pencher la balance du côté de la mort. Seule donc, la mobilisation populaire empêchera le crime d’Etat et imposera la libération de Mumia. Synthèse et recherche réalisées par Marina Rajewski (Just Justice)
d’après les propos de Me Robert Bryan, avocat de Mumia Abu-Jamal, recueillis par Dee Brooks le 23 juin 2003 |
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